Le meurtre de la jeune Lyhanna est un drame révoltant. Nos pensées vont à sa famille et à ses proches endeuillé·es.
Elles vont aussi à toutes celles et ceux dont l’histoire résonne avec la sienne, à toutes les victimes de violences sexistes et sexuelles, doublement blessées par le crime et par l’inaction d’une justice sans moyens.
Gérald Darmanin, Ministre de la Justice, refuse de démissionner et charge l’institution judiciaire pour se dédouaner. Sa responsabilité est pourtant immense.
Car ce drame est le résultat tristement prévisible d’une justice chroniquement sous-dotée, qui accumule les dossiers en souffrance depuis des années. Le résultat coupable d’un gouvernement qui, année après année, a préféré les discours aux moyens et refusé de faire de la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants une priorité réelle.
Notre justice n’est pas laxiste : elle est empêchée.
La France est la 2e économie de l’Union européenne mais son système judiciaire est parmi les plus sous-dotés du continent.
Sur 1 000 euros de dépenses publiques, 5 euros seulement lui sont consacrés, soit à peine 0,5% de la dépense publique totale.
Il y a 3,2 procureur·es pour 100 000 habitant·es en France, contre 11,2 en Europe en moyenne en Europe. C’est presque quatre fois moins.
Un·e procureur·e français·e traite en moyenne plus de 2 000 affaires par an, conséquence directe du sous-effectif chronique des parquets.
160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année. 70 % des plaintes pour violences sexuelles sur mineur·es sont classées sans suite. Pourtant, parmi les 82 recommandations formulées par la Civiise en 2023, les trois quarts sont restées lettre morte.
Le sous-financement de la justice a un coût humain. Il se mesure en plaintes sans suite, en signalements ignorés, en vies que le système n’a pas su protéger.
Nous exigeons une loi intégrale de lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants et les 3 milliards d’euros nécessaires pour la financer, comme réclamé depuis des années par les associations.
Des moyens réels pour la justice, des effectifs à la hauteur des enjeux, et une chaîne pénale qui protège enfin celles et ceux qu’elle est censée défendre.
Les victimes méritent mieux. Faisons mieux.
Une justice empêchée, des vies brisées
Par Génération•s
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