RÉSOLUTION D’ACTUALITÉ – PARLEMENT DU 30 MARS 2026
Dès les premiers jours de l’année, l’actualité internationale a montré l’ampleur des défis vertigineux auxquels il faudra faire face dans les prochains mois. Nous vivons et allons vivre des moments de bascule cruciaux pour l’avenir de l’humanité. Parce que le réchauffement climatique s’accélère dans les faits mais s’efface des agenda politiques, parce que la perspective d’une escalade guerrière à l’échelle mondiale semble irréversible, parce que les fondements de l’ordre international issu de la fin du second conflit mondial sont balayés d’un revers de main par le retour des empires et l’absence de toute boussole juridique et morale.
Du génocide qui décime Gaza à la guerre d’agression contre l’Ukraine en passant par l’enlèvement du chef d’État Vénézuélien ou par les coups de menton qui préfigurent une action hostile au Groenland de la part des Etats-Unis d’Amérique ou de la Chine à Taïwan, c’est partout la même exigence de respect du droit qui s’efface au profit de la loi du plus fort, du plus brutal. La démocratie régresse, les droits des peuples s’effacent, la paix s’éloigne.
Pourtant, les peuples en quête de dignité et de liberté n’ont pas dit leur dernier mot comme le prouve la puissance qui se lève des rues iraniennes. Plus que jamais, notre action politique doit s’inscrire dans sa dimension globale et internationaliste. Ce sera la première résolution de Génération.s pour l’année qui commence.
Ainsi, nous réaffirmerons dans les semaines à venir notre engagement exigeant pour une Europe qui protège ses peuples, qui défende son agriculture, ses données, qui impose sa souveraineté, son indépendance, qui tourne le dos aux dogmes libéraux du vieux monde et engage une mutation écologique radicale, une harmonisation sociale par le haut pour le progrès partagé et une démocratisation qui reprenne le pouvoir aux lobbies, à la technocratie, aux milliardaires nationalistes, multipropriétaires de médias.
En France aussi les prochaines semaines seront décisives. Le gouvernement a échoué à construire un compromis budgétaire. Il en était impossible de par la nature même de sa composition. En maintenant son clan au pouvoir malgré la défaite de 2024, Emmanuel Macron a précipité le pays dans l’instabilité. Il est le seul responsable de ce désordre.
Génération.s affirme avec force son refus d’un budget qui ne marquerait pas nettement et fermement une rupture avec la politique menée depuis bientôt 9 ans. Face au coup de force qui se prépare pour imposer la reconduction d’une politique macroniste mise en œuvre par un pouvoir macroniste, nous appelons à la seule responsabilité qui importe en démocratie : celle de la fidélité à nos valeurs, à nos engagements et à l’intérêt général des Françaises et des Français, au sort des classes moyennes et populaires éprouvées durement par les choix budgétaires qui s’appliqueraient.
Pour réussir à faire face et incarner l’espoir d’une alternative, nous ne dévierons pas de notre aspiration unitaire, matérialisée dans notre participation à l’initiative « Front Populaire 2027 » et par la résolution adoptée par nos adhérents exposant notre feuille de route et notre appel au rassemblement sans exclusive de toute la gauche et des écologistes.
Enfin, le souvenir de Lionel Jospin est celui d’un bilan qui, loin d’être parfait (privatisations, signature du traité d’Amsterdam…), reste celui des dernières grandes avancées sociales, des 35h à la CMU en passant par les emplois-jeunes. Voilà qui doit inciter la gauche à porter un projet de société clair, alternatif et porteur de changements aussi profonds que concrets pour les Françaises et les Français.
Ni renforcée dans les territoires, ni dotée d’une perspective stratégique, culturelle et politique pour partir à la conquête du pouvoir national : la gauche sort donc affaiblie de cette séquence électorale. Pire : loin de provoquer un sursaut, les plus irresponsables y voient une confirmation de leur stratégie et comptent accélérer plutôt que de changer de direction.
C’est pourtant un autre chemin qu’il est urgent de prendre : celui de l’union. Une union construite dans la durée, le dialogue et le respect mutuel. Les bricolages de dernière minute ne suffisent pas. Elle doit s’accompagner d’un travail de fond sur notre projet, notre ancrage et notre crédibilité.
L’urgence est là : si nous n’ouvrons pas rapidement des espaces de discussion sérieux en vue de 2027, si nous ne reconstruisons pas une perspective commune, alors le risque est simple — une déroute durable, l’éradication de la gauche politique incapable d’incarner les colères et les espoirs, et l’enracinement au pouvoir de l’extrême droite et de la droite radicalisée. Le possible renoncement du Parti socialiste à la démarche du Front Populaire 2027 et d’une primaire marquerait un retour aux errements de l’ère Hollande que nous ne pouvons observer sans réagir tant il contribuerait à enfermer la gauche dans une impasse.
Pourtant les ingrédients de la dynamique d’espoir et de conquête du Nouveau Front Populaire de 2024 sont toujours disponibles et le peuple de gauche plus disponible que jamais pour bâtir un grand mouvement populaire de changement.
Génération.s décide donc :
· De proposer à tous ses partenaires et plus largement à tous les citoyens qui aspirent à faire vivre l’espoir du NFP et à construire ensemble une alternative à proposer au pays, la construction d’une fédération de la gauche et de l’écologie, populaire et démocratique qui refuse l’opposition mortifère des «deux gauches irréconciliables». »
· De mener campagne sans attendre au service du sursaut de la gauche et de l’écologie pour vaincre l’extrême droite et porter un projet ambitieux de transformation radicale de la société.
· De participer à toutes mobilisations contre l’extrême droite et le racisme.
· De réaffirmer notre engagement pour une primaire ouverte à toute la gauche telle qu’elle se construit avec le « Front populaire 2027 »
Municipales : un avertissement historique
Par Génération•s
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