Hémorragie de plans sociaux : stop à la politique de l’offre !

Visuel Hémorragie de plans sociaux : stop à la politique de l’offre !
Par Génération•s

COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU 11 DÉCEMBRE 2025

Mardi 9 décembre, la CGT a mis à jour sa « liste noire », qui dénombre désormais 483 plans sociaux (PSE) en cours en France, avec plus de 100 000 emplois menacés. Cette casse sociale n’est pas le fruit du hasard, mais celui de la politique de l’offre d’Emmanuel Macron.

Le chiffre ne cesse de grossir. Rien que sur le premier trimestre 2025, on dénombre 200 nouveaux plans sociaux : une hausse de 32 % par rapport à la même période en 2024. Derrière les statistiques, ce sont des dizaines de milliers de vies livrées au chômage et à la précarité, et des bassins d’emplois entiers plongés dans l’incertitude, avec un sentiment d’abandon qui renforce la fracture sociale.

Malgré les mécanismes existants, aucun contrôle n’est exercé sur les motifs des plans sociaux par l’administration, reléguée à un rôle d’homologation de la liquidation d’emplois. Pourtant, de nombreux plans sociaux concernent des entreprises en bonne santé financière, situées dans des secteurs stratégiques. Près de la moitié des emplois touchés sont dans l’industrie, tous secteurs confondus : textile, métallurgie, énergie… Autant de savoirs-faire français menacés de disparaître, sacrifiés sur l’autel du profit.

Cette situation n’est pas une fatalité : elle relève de choix politiques. Le rapport de la commission d’enquête de l’Assemblée Nationale menée par Benjamin Lucas, député des Yvelines et coordinateur national de Génération·s, paru en juillet 2025, le souligne : la multiplication des plans sociaux est facilitée par l’érosion du droit du travail à l’œuvre depuis une décennie. Les réformes successives ont affaibli le pouvoir de négociation des travailleurs, laissant la main libre à des entreprises arrosées d’aides publiques sans contreparties. Depuis 2013, leur taux de marge a grimpé de cinq points, traduits en dividendes supplémentaires versés aux actionnaires bien plus qu’en investissements sur notre territoire.

Face à la casse sociale et la désindustrialisation organisées, il est urgent de remettre au cœur de notre politique la protection de l’emploi, des travailleurs·euses et de leurs droits. Au pouvoir de l’argent, opposons le pouvoir des gens. Pour cela, Génération·s appelle :

  • Au plafonnement et au conditionnement strict des aides publiques au maintien de l’emploi comme à des critères écologiques et sociaux, et à leur remboursement en cas de licenciement, avec la création d’une Haute Autorité Indépendante dédiée
  • Au contrôle renforcé des plans sociaux, avec des sanctions pour les entreprises ne respectant pas leurs obligations
  • À l’extension aux entreprises de plus de 250 salarié·es du dispositif de recherche d’un repreneur en cas de fermeture d’établissement, avec interdiction des licenciements pendant cette période
  • À l’intégration paritaire des travailleur·euses dans la gouvernance des grandes entreprises
  • Au renforcement du rôle des CSE, avec un pouvoir d’approbation sur les plans sociaux et l’élargissement des obligations d’information et de financement par l’employeur
  • À la mise en place de dispositifs spécifiques pour favoriser le développement des structures coopératives gérées par les salarié·es
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