Depuis plusieurs mois, le Venezuela est la cible d’une stratégie d’ingérence systématique de la part des États-Unis : menaces militaires, pressions diplomatiques, blocus maritime contre des pétroliers et frappes contre des embarcations accusées de narcotrafic.
Les tensions entre le Venezuela et les États-Unis durent depuis treize ans, mais depuis août 2025, Donald Trump a accentué la pression afin de tenter de renverser Nicolás Maduro.
Dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026, cette escalade a culminé avec des bombardements massifs dans et autour de Caracas. Sous prétexte de faire appliquer le mandat d’arrêt émis en mars 2020 par le procureur fédéral du district sud de New York à l’encontre du président vénézuélien, les États-Unis ont mené une opération spéciale militaro-policière. Celle-ci a permis aux forces américaines de capturer et d’exfiltrer vers les États-Unis le président Nicolás Maduro et son épouse, Cilia Flores, où ils doivent être jugés.
Quelles que soient les critiques que l’on peut formuler à l’encontre du régime présidentiel vénézuélien — de l’illégitimité entachant les élections de 2018 et 2024 à la situation économique désastreuse qui a poussé des millions de personnes à fuir le pays, en passant par la répression des oppositions —, cette intervention américaine constitue, au regard du droit international, une agression extérieure contre un État souverain.
Sous couvert de lutte contre le trafic de drogue et le « narcoterrorisme », les États-Unis mettent en œuvre leur stratégie de sécurité nationale publiée en décembre 2025, qui affirme que « les États-Unis appliqueront la doctrine Monroe afin de restaurer la prééminence américaine dans l’hémisphère occidental », notamment pour garantir leur accès aux ressources, à commencer par le « pétrole volé qui doit être restitué », selon les propos du vice-président J. D. Vance.
De surcroît, et en dépit de la violation incontestable de principes fondamentaux du droit international, tels que la souveraineté des États et l’interdiction du recours à la force, les réactions officielles de la France — par la voix du président de la République, Emmanuel Macron — et d’autres dirigeants européens, comme la présidente du Conseil italien, qui s’abstiennent de condamner l’action militaire des États-Unis, confèrent à celle-ci une forme de légitimité politique.
Cette position de la France et d’autres pays européens a plusieurs conséquences : elle renforce le sentiment de « deux poids, deux mesures » qui caractérise les politiques internationales des pays occidentaux et elle prête le flanc aux ambitions américaines, notamment à l’égard du Groenland. Plus spécifiquement pour la France, elle contrevient à sa tradition diplomatique fondée sur l’attachement au multilatéralisme, à l’État de droit international et à une forme d’indépendance vis-à-vis des puissances dominantes.
Génération.s dénonce cette ingérence, qui constitue une violation flagrante du droit international et une intervention militaire unilatérale dans un pays souverain, sans mandat de l’ONU. Pas plus que d’autres, les États-Unis, sous la responsabilité de Donald Trump, n’ont le droit de violer le droit international, de s’arroger le rôle de juge et de gendarme du monde, ni de gouverner un pays à la place de son peuple. Nous nous opposons à un monde de violence, de chaos et d’instabilité, où la loi du plus fort l’emporte sur la paix et le multilatéralisme.
Génération.s appelle la France, l’Union européenne et l’ensemble de la communauté internationale à rompre avec toute complaisance, à condamner fermement cette violation du droit international et à s’engager résolument en faveur d’une solution politique, diplomatique et multilatérale, respectueuse du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
Génération.s invite enfin le président de la République à faire évoluer la position de la France vers une orientation conforme aux principes et à la tradition de la politique étrangère de notre pays.
Génération.s appelle la France et l’Europe à rompre avec la complaisance envers Washington
Par Génération•s
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