Le 26 mars dernier, le Ministre de l’Intérieur a signé un arrêté supprimant la prise en charge des frais de transport des demandeurs et demandeuses d’asile pour leurs convocations administratives. Une décision qui constitue un contournement délibéré d’une injonction du Conseil d’État, et qui abandonne les personnes les plus vulnérables à leur sort.
En mai 2025, suite à la saisine de plusieurs associations, le Conseil d’État avait tranché : réserver la prise en charge des frais de transport aux seuls demandeur·ses d’asile hébergé·es en CADA, au détriment des 25 % qui n’y avaient pas accès, faute de places disponibles, constituait une rupture illégale du principe d’égalité de traitement. Le gouvernement avait neuf mois pour y remédier. Sa réponse est aussi cynique que révélatrice : plutôt que d’étendre la prise en charge à tous·tes, comme l’y enjoignait le Conseil d’Etat, il a choisi de la supprimer partout. Ce geste est tristement caractéristique de l’idéologie de la Macronie : pour mettre fin à une situation d’inégalités, on préfère abandonner tout le monde.
Les conséquences sont graves et immédiates pour des dizaines de milliers de demandeur·ses d’asile. Alors que beaucoup survivent grâce à l’Allocation pour demandeurs d’asile, soit 204 euros par mois pour un·e adulte hébergé·e, ils et elles devront trouver seul·es les moyens de se rendre à leurs convocations à l’OFPRA ou à la CNDA, parfois à des centaines de kilomètres de leur lieu d’hébergement. Or, une absence non justifiée peut mener à la clôture du dossier. En privant des personnes sans ressources de soutien pour respecter leurs obligations administratives, cet arrêté fabriquera de la délinquance forcée : des femmes et des hommes contraint·es de frauder pour simplement défendre leur dossier et leur avenir en France. Par cette mesure, c’est le droit d’asile lui-même qui est confisqué, faute de pouvoir payer un billet de train.
Ce nouvel affront s’ajoute à la longue liste de la honte d’un gouvernement qui n’a d’autre projet pour sa politique migratoire que la course derrière le Rassemblement National.
Ses capitulations successives, si elles n’étonnent plus, sont autant de coups portés à l’idéal d’une France étendard des droits humains.
Demande d’asile : le gouvernement fait le choix de punir les plus vulnérables !
Par Génération•s
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