Notre feuille de route

Samedi 5 décembre, nous avons collectivement établi notre feuille de route en ratifiant le texte Utile.s pour l’avenir enrichi par les amendements des militant.e.s :

Notre Convention nationale est extraordinaire. 

Par le contexte dans lequel elle intervient : 

  • L’humanité est en sursis après de nouveaux records de chaleur et tant  d’épisodes qui démontrent que le dérèglement climatique produit déjà ses effets dramatiques dont les plus pauvres sont les premières victimes. La lutte contre les causes et les conséquences du réchauffement est le plus grand défi auquel ait été confrontée l’humanité, il nous oblige à tout repenser, à tout transformer. Nous sommes la dernière génération à pouvoir agir. Nous aurons des comptes à rendre à nos enfants. 
  • La crise sanitaire angoisse et paralyse le pays. Elle provoque une crise qui fait exploser toutes les inégalités, fait ressortir le spectre de l’austérité et renforce la déshumanisation du modèle capitaliste. Un million de personnes sont tombées dans la pauvreté. 800 000 emplois minimum ont été détruits. Cette crise nourrit les deux faces d’une même médaille : la droite libérale et l’extrême droite nationaliste. La situation sociale en France et dans le monde appelle des réponses urgentes et innovantes comme l’est le Revenu Universel. 
  • Notre pays est à nouveau frappé par la violence et le terrorisme. Il est menacé par l’obscurantisme, les discours de haine, un racisme décomplexé, le poison de la division et de la violence et des lois toujours plus liberticides remettant en cause le pacte social. Face aux logiques répressives et brutales, nous réaffirmons que la liberté est la première des sécurités. Il nous faut tenir bon sur nos valeurs : respect de l’Etat de droit, attachement viscéral à l’égalité, à la fraternité et à la laïcité, à l’inclusion et la non discrimination y compris celles subies par les personnes en situation de handicap. Là sont les conditions de la liberté et de la concorde. 

Par sa nature : une convention numérique, en cette période de confinement qui  nous oblige à repenser ce moment nécessaire de notre démocratie interne et de  notre expression publique. 

Par son objet stratégique, à l’heure où l’échéance de 2022 se rapproche. Il nous faut choisir quel sens nous voulons donner à notre engagement collectif après plus de trois années de construction et de développement de Génération.s. 

Un terrible compte à rebours nous obsède, qui a installé le duo-duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Il porte en lui le péril de la démocratie et de l’effacement durable d’une alternative de gauche, antilibérale, écologiste et sociale, populaire et démocratique dont l’émergence peut porter un espoir, sans compromission face aux lobbies industriels,. Il ouvre la porte à un candidat “boulangiste” et une dérive antiparlementaire que l’Histoire de notre pays a déjà connu. Pour déjouer ces  40 scénarios du pire, nous devrons: 

  • Incarner un projet de transformation de la société socialement ambitieux, fondamentalement solidaire, radicalement de gauche et écologiste pour sauver la planète et l’humanité, et innovant pour refonder le contrat social, et démocratiquement irréprochable pour rendre à chaque citoyen la maîtrise de son destin individuel et collectif. 
  • Porter les combats féministes, antiracistes, environnementaux, sociaux, démocratiques et citoyens qui s’expriment dans la société et attendent des débouchés politiques à la hauteur des colères et des espoirs qu’ils soulèvent. Réussir le rassemblement des écologistes et de la gauche, autour de l’écologie sociale, populaire, démocratique, dont l’émergence offrira une alternative crédible porteuse d’espoir. 
  • Construire la force politique nouvelle qui sera capable de relever ces défis, gouverner sans décevoir, agir sans trahir.  

L’Histoire nous donne raison. 

Partout à travers le monde, les mouvements sociaux émergent, en Afrique, en  Amérique latine, en Europe, du mouvement chilien qui a obtenu un processus  constituant, à celui du 15M en Espagne, à Hong-Kong confronté à la dictature chinoise, en passant par le Hirak, en Algérie. Partout l’ordre établi, l’ordre libéral ou conservateur est remis en cause.  

Génération.s doit s’inscrire dans ce sillage internationaliste, et poursuivre son  combat pour une autre Europe. Conformément à notre Charte, nous sommes Européens. Nous continuerons à porter le projet d’une Europe politique, sociale et qui fait face aux grands défis climatiques. La réforme des institutions et la poursuite du combat pour une Europe fidèle à ses valeurs, respectueuse des droits, sociale et solidaire, s’inscrivent au cœur d’une stratégie internationaliste pour la paix. L’Europe et la France doivent mettre en place, en cohérence avec les conventions internationales dont elles sont signataires, une politique d’accueil coordonnée, digne, humaine et solidaire des exilés, réfugiés et déplacés, loin des images nauséabondes de « forteresses » que certain.es voudraient ériger. Nous affirmons notre soutien aux mouvements sociaux et citoyens qui défendent la dignité, l’égalité et la justice y compris fiscale, le respect des droits humains, la protection de l’environnement et des communs partout dans le monde. Nous participerons par exemple activement à la promotion de l’Initiative citoyenne européenne en faveur d’un revenu de base européen. 

Nombreuses ont été les mobilisations récentes en France. Celle des gilets jaunes, celle contre la réforme des retraites, celles qui dénoncent les violences policières, le racisme, le sexisme et l’affaiblissement de l’Etat de droit, celles des jeunes (et moins jeunes) pour le climat… Elles valident les réponses radicales et concrètes que nous portons, à la hauteur de l’urgence écologique, sociale et démocratique. 

La crise sanitaire, comme la crise de 2008, a réhabilité le rôle protecteur essentiel de l’intervention de l’Etat, l’importance vitale des services publics et des métiers du quotidien. Elle a mis au grand jour la nocivité du capitalisme et l’indispensable relocalisation des productions stratégiques pour une “sobriété heureuse”. Cette crise interroge notre rapport à l’exploitation sans limite des ressources dans une course effrénée à la croissance et au profit et elle questionne le partage des richesses et les défaillances de notre fiscalité. Contrairement à l’après 2008, où toutes les belles paroles de régulation ont été oubliées ou enterrées par quelques lobbies, il faudra imposer les réponses du “monde d’après” ; cette période nous y oblige. 

Les récentes victoires électorales des écologistes, de la gauche unie et des collectis citoyens dans de nombreuses villes et intercommunalités, construisent un récit d’espoir fédérateur et enthousiasmant. Oui, nous pouvons gagner ensemble ! 

Depuis trop d’années, le fléau de l’abstention est là et fait de la carte électorale un reflet des inégalités et des laissés pour compte. Il ne sera vaincu que par des politiques qui changent la vie et une transformation profonde de nos institutions. Notre République est face à une crise démocratique qui se traduit par une défiance face aux politiques. Pour rétablir le lien et la confiance, les citoyen.e.s doivent être régulièrement consulté.e.s pour prendre part aux décisions politiques. Il nous faut dès aujourd’hui promouvoir le projet d’une VIème République fondée notamment sur une nouvelle loi de décentralisation et de déconcentration afin de donner davantage de pouvoir au Parlement et de moyens de contrôle de l’action publique par les citoyen.e.s. En finir avec ce régime présidentiel est indispensable. Entre arrogance technocratique et conflits d’intérêts, nos institutions s’affaiblissent de ne plus servir l’intérêt général: la légitimité déclinante de celles-ci laisse place aux influences autoritaires et à l’arbitraire. Nous réaffirmons notre engagement pour la VI ème République qui doit renforcer la participation populaire entre les élections, le rôle du Parlement, le renouvellement des élu.es… 

Depuis sa création, notre mouvement cherche à porter des idées nouvelles, faire de la politique autrement, œuvrer au rassemblement de la Gauche et des écologistes. Nous apportons de la fraîcheur à la Gauche et à l’écologie. 

Grâce à l’engagement de chacun.e d’entre nous, notre mouvement est présent sur tout le territoire, en métropole et en outre-mer et parmi les Français.es vivant à l’étranger. 

Comment être utiles aujourd’hui à nos concitoyen.nes et aux causes auxquelles nous croyons ? 

Nous proposons ici une orientation pour amplifier notre action au service de nos  idées, au cœur de la gauche, de l’écologie et de la société engagée. Nous voulons donner un nouveau souffle à notre collectif. 

I. Être une voix écologiste, de gauche, originale et sincère, au  service d’un futur désirable. 

Nous mesurons le chemin parcouru depuis 2017. Les militant.es d’alors, nouvellement engagé.es lors de la campagne présidentielle ou depuis, ou issu.es de la culture socialiste ou de l’écologie politique, ont peu à peu tissé les liens qui forment notre culture commune, l’originalité de Génération.s, sa force, dans la fidélité à notre Charte fondatrice.

Ecologistes assumé.es, nous nous revendiquons sans complexe de la Gauche, parce qu’elle est l’héritage mêlé des Lumières et des mouvements ouvriers, au cœur des avancées démocratiques les plus importantes de notre pays, de l’abolition de l’esclavage à celle de la peine de mort, du suffrage universel sans discrimination de genre à la liberté de la presse du combat des dreyfusards aux luttes anticoloniales. Nous nous inscrivons dans un héritage de deux siècles de conquêtes sociales, de la limitation de la journée de travail à 10h aux congés payés, du salaire minimum à la semaine de 35h, en passant par l’instauration de la sécurité sociale. 

On peut négocier avec les banques, pas avec la planète. Face aux urgences climatique, sociale et démocratique, face aux difficultés que traverse actuellement notre pays, nous pensons que la France a plus que jamais besoin de la Gauche et de l’écologie conquérantes. 

Les élections municipales ont renforcé notre implantation, avec de nouveaux.elles élu.es Génération.s. Aux côtés de nos militant.e.s, ils et elles sont des relais de nos idées au quotidien, dans le dialogue avec les autres forces de gauche et écologistes et auprès des citoyen.nes. Nous nous appuierons sur ces expériences concrètes, prémices de notre modèle de société et de nouvelles pratiques. 

En cette période troublée par le racisme et ses relais médiatiques et politiques, nous voulons porter haut les valeurs de notre mouvement, avec sincérité et refus des compromissions. Nous voulons donner à nos idées la force d’irriguer le débat public : pour qu’à chaque problème de notre société une solution écologiste et sociale réponde. 

Nous travaillerons sans relâche à cultiver cette identité collective et à porter nos combats communs sur le terrain en allant à la rencontre de nos concitoyen.nes, en participant aux mobilisations environnementales, sociales, démocratiques et citoyennes, en soutenant et en accompagnant l’action de nos élu.e.s locales et locaux qui oeuvrent au quotidien pour transformer leur territoire et la vie de nos concitoyen.nes. via les réseaux sociaux, les médias et en organisant des débats publics : 

Pour mettre un coup d’arrêt à la prolifération des discours de haine et de mépris qui sèment la discorde. Génération·s s’élève contre et combat toutes les formes d’extrémismes. 

Les idées de l’extrême droite se répandent à une vitesse redoutable dans le débat public, et dans la parole et les actes du gouvernement y compris. Idéologiquement, électoralement, socialement, l’extrême droite impose son agenda politique et ses thèmes. 

Nous devons être un rempart, et faire agir ensemble celles et ceux qui s’opposent à l’affaiblissement de l’Etat de droit et qui portent les valeurs humanistes et de solidarité. Nous sommes indigné.es par les gesticulations autour de la laïcité, qui instrumentalisent cette loi d’apaisement, protectrice des libertés de chacun.e, pour en faire une frontière qui divise. La loi de 1905 est le compromis original trouvé en France pour formaliser la séparation des Eglises et de l’Etat. Elle garantit la liberté de croire ou ne pas croire, la liberté de culte et protège les minorités religieuses. Elle permet la diversité des pratiques religieuses aux citoyen.es, même si elles sont ostensibles, y compris dans l’espace public. Elle garantit la neutralité de l’Etat qui ne privilégie aucune religion. Ainsi, les fonctionnaires du service public sont neutres, ne font pas état de leurs croyances ni de différence selon la religion de l’usager.e qu’ils.elles accueillent. Elle encadre strictement les tentations des religions à intervenir dans les choix politiques effectués. La République sociale est un combat politique, toujours inabouti, pour la liberté, l’égalité et la fraternité. Nous combattrons toujours ceux qui la réduisent à une vision identitaire et excluante, qui sont les véritables séparatistes. 

Dans tous nos quartiers, la devise républicaine doit devenir une réalité pour celles et ceux qui sont trop souvent victimes des discriminations ou des violences policière dont l’actualité nous rappelle qu’elles sont le produit d’une défaillance systémique et pas seulement de « bavures » individuelles. L’état de droit est menacé par une attaque contre les libertés symbolisée par la loi sécurité. Les quartiers populaires sont une question politique de premier plan, en ce qu’ils concentrent des urgences sociales, écologiques ou de société 

Nous redoublerons d’efforts pour être à la hauteur du mouvement féminist intersectionnel, qui se conjuguent aux luttes sociales et antiracistes qui combatten les violences sexistes et sexuelles, secouent nos sociétés patriarcales et le fonctionnement même de nos organisations. L’égalité entre les femmes et les hommes de toutes conditions sociales est une évidence au cœur de notre engagement. Nous rappellerons sans cesse que ce sont les femmes qui sont les premières victimes de la précarité et nous combattrons à leurs côtés. 

Les LGBTIphobies s’expriment encore à visage découvert et tuent, en France et dans le monde. Nous réaffirmerons notre engagement contre les LGBTIphobies, contre la banalisation des haines et autres discriminations et pour les droits des personnes LGBTI et pour l’égalité des droits. 

Pour penser et construire l’alternative au capitalisme financier mondialisé qui vampirise ce début de siècle et détruit la planète autant que les individus. 

Depuis 40 ans, la logique court-termiste du productivisme, de la doxa capitaliste et de la valeur financière et le mythe de la croissance infinie ont colonisé l’action publique et les imaginaires. L’écologie sociale et démocratique porte une alternative, dans laquelle le capitalisme, les flux mercantiles et souvent spéculatifs et le consumérisme sont remplacés par une organisation de l’économie respectueuse des limites de la planète, de la biodiversité et des réels besoins des êtres humains ; dans laquelle les comportements de sobriété, le génie industriel et technique servent la transition écologique et énergétique, et est mis au service du bien-être de l’humanité et de tous les êtres-vivants ; dans laquelle l’égalité redevient une priorité, grâce à une répartition des richesses radicalement transformée et une meilleure répartition du travail au service de la de la justice, de la dignité et du respect absolu des Droits humains. 

Pour la société du partage : partage des biens, des ressources, partage du temps de travail et des connaissances. La logique marchande, rentière et propriétariste enferme les individus dans un calcul égoïste. Pour en finir avec le libéralisme financier, une société écologiste est au contraire une République des communs, dans laquelle s’inventent de nouveaux modes de gouvernance favorisant l’implication citoyenne aux échelles les plus pertinentes. Cette société écologiste est également celle dans laquelle les choix collectifs sont essentiels au bien être du vivant, à la liberté et à la réalisation et l’émancipation de toutes et tous. Nous devons être au rendez-vous pour la gestion publique et démocratique des communs, pour la négociation collective dans la protection du travail en redonnant toute leur place aux syndicats en refusant « l’ubérisation » de la société créatrice de précarités, pour un retour massif des services publics dans tous les quartiers et les territoires y compris des Outremers. Comprimés par des années d’austérité voire d’abandon, ils doivent retrouver les moyens de leur développement. Nous n’oublions pas que les Outremers sont plus touchés encore que l’hexagone par les crises environnementales et sociales et qu’il conviendra de ne pas les cantonner à la double ou triple peine. Livrées à la loi du marché immobilier, et des mobilités saturées, trop de métropoles se congestionnent alors que certaines campagnes se vident et trop de villes petites et moyennes peinent: réussir la transition écologique implique de nouveaux équilibres et de nouvelles coopérations entre territoires. L’économie sociale et solidaire peut et doit être un levier essentiel de résilience et de transformation concrète de nos territoires dans la perspective d’une nécessaire transition écologique, d’une décorrélation entre le salaire et le travail, d’un partage des outils de production et de l’instauration des communs. Voilà un chantier des idées neuves

Pour l’émancipation, à tous les âges de la vie. 

Nous continuerons à nous battre pour renforcer l’hôpital public et la prévention, en finir avec les déserts médicaux, redonner leur place aux personnels hospitaliers par des recrutements et des moyens adaptés. La pandémie a mis en exergue les conséquences des choix catastrophiques de ces trente dernières années (suppression des lits, tarification à l’activité, non-revalorisation des salaires, entre autres) et rappelé le caractère « essentiel » de celles et ceux qui sont indispensables au bien-vivre ensemble. . 

Le projet républicain est indissociable d’un effort continu pour donner à chacun.e les moyens de son émancipation, sa liberté intellectuelle, et de construire du Commun. Nous travaillerons à remettre l’Ecole au cœur du projet républicain. L’Ecole publique et laïque, comme les autres services publics, est le patrimoine de celles et ceux qui n’en ont pas. Elle incarne la promesse de justice sociale et d’égalité, d’unité mais aussi d’avant-poste de la transition écologique et de la protection de la biodiversité et du climat. Nous proposons que l’éducation, que la révolution pédagogique, soit l’un de nos premiers chantiers des idées neuves, dans une acception large qui inclut dans notre réflexion la formation continue, la recherche, la culture, dans une société qui partage et apprend ensemble dans le respect et l’écoute de sa diversité. Pour ce faire, nous soutenons les échanges entre tous les acteurs de l’éducation : le corps enseignant autant que les familles, les acteurs du monde économique et social, les acteurs associatifs… Nous renforcerons les moyens de l’éducation permanente dans une société qui partage et permet d’apprendre ensemble tout au long de la vie. Nous nous battrons pour garantir l’accès à la culture dans toute sa diversité partout et pour tous. 

Nous devons répondre aux urgences de notre jeunesse, née dans la crise, et qui réclame un droit à l’avenir, jeunesse rurale comme jeunesse des quartiers populaires. Nous devons donner à chaque jeune les moyens de conquérir sa liberté et son autonomie. 

Et alors, comme le disait Jean Jaurès, “dans chaque intelligence il y aura un sommet, et, ce jour-là, bien des choses changeront”

Pour mettre la justice sociale et fiscale au cœur de toute politique écologiste. 

Urgence sociale et urgence écologique se conjuguent et s’entretiennent. Il nous faut constater, penser, prévenir et soigner les dégâts sociaux et sociétaux du productivisme. Les corps et les cerveaux des êtres humains, comme les écosystèmes, ne sont considérés que comme des ressources. Des déchets aux pollutions, les drames écologiques sont aussi sanitaires et sociaux. Inversement, les inégalités entretiennent la production de biens bon marché et de mauvaise qualité autant que le consumérisme effréné des plus riches, et in fine la pression sur les ressources. En France comme en Europe, nous retrouvons des écarts de richesse inconnus depuis la 2nde guerre mondiale, aggravés aujourd’hui par les conséquences de la crise sanitaire. Comme le montrent les débats récurrents sur la taxe carbone, l’écologie doit, pour être majoritaire, s’appuyer sur un contrat social renouvelé et sur la perspective de l’égalité. L’écologie, pour être perçue comme moteur d’une réelle transformation, doit être et ne peut être que populaire et solidaire. 

Pour le revenu universel d’existence inconditionnel comme outil majeur de l’émancipation et de la transition écologique afin de favoriser l’émergence d’un nouveau modèle de société. 

Nous refusons une fuite en avant technologique non maitrisée et nous engageons pour la régulation humaniste et démocratique de la robotisation de l’économie Changer de modèle économique nécessite de protéger les individus face aux grandes mutations à venir. Sur la base du récent ouvrage de Benoît Hamon, nous devrons faire preuve de courage, poursuivre le débat sur la réalisation concrète et l’acceptabilité du RUE. Il est temps d’entreprendre de profondes réformes fiscales et de repenser notre système de sécurité sociale. Encore un chantier des idées nouvelles, dont les fondations sont déjà posées, mais qu’il nous appartient de faire vivre. Il s’agira en outre d’en renouveler les formes au service d’une écologie  289 sensible: nouveaux récits, nouvelles images, nouveaux combats, nouveaux discours, nouveaux médias… 

Nous apportons ces pierres à l’édifice de l’indispensable projet concret, qui peut seul convaincre les Français.es de la crédibilité de notre démarche. Ce projet doit répondre à leur quotidien en traçant un chemin d’avenir. Notre force sont nos militant.es, et toutes celles et ceux qui, investi.es partout en France, travaillent au quotidien à développer et diffuser ces idées. Nous souhaitons multiplier les campagnes, pour que nos idées irriguent le débat au plus près des citoyen.nes, investir davantage les médias et se tourner résolument vers la société pour amplifier notre voix, en lien constant avec les citoyen.nes mobilisé.es : associatifs, syndicalistes, intellectuel.es, activistes, artistes… 

II : Bâtir une force politique nouvelle au service de la conquête puis de  l’exercice démocratique du pouvoir. 

Génération•s est le mouvement écologiste de gauche qui pense le monde qui vient, là est notre force collective. Alors que les partis “traditionnels” sont encore divisés sur la rupture avec le productivisme, notre mouvement s’est construit précisément autour de l’hybridation entre pensée socialiste et écologiste, notamment à travers un rapport au travail fondamentalement différent, et la mise en place du Revenu Universel d’Existence. Nous portons les germes de la Gauche écologiste de demain

Notre identité, c’est l’unité. Aujourd’hui, nous faisons le constat que l’écologie politique, et EELV singulièrement, doit occuper une place centrale dans la recomposition. L’écologie remet au centre du jeu le clivage gauche-droite et remet l’humain et la planète au cœur des projets politiques. 

La prise de conscience grandissante dans la société de l’imbrication des enjeux sociaux et écologiques en fait une des clefs de l’ouverture vers les citoyen.nes et la société engagée, mais sa dynamique est encore trop faible, et les partis qui la composent trop dispersés pour la rendre crédible. Notre rôle est de participer à la rassembler, la crédibiliser, la faire évoluer vers une affirmation de sa dimension sociale, et de contribuer à faire embarquer toute la gauche sur le navire de la transition écologique, à l’image du travail des Jeunes Générations et de leur plateforme Résilience Commune. Cette dynamique doit fédérer l’arc humaniste autour de valeurs partagées : émancipation sociale, protection du vivant, défense des libertés individuelles et collectives, renouveau démocratique, rupture avec le productivisme et réduction des inégalités. 

Après plusieurs années de fracturation, nous sommes convaincu.es que s’ouvre à présent le temps de la reconstruction de la gauche autour de l’écologie politique, seul germe fécond pour renouveler le modèle de société alternatif au monde actuel. Les plus jeunes d’entre nous ont montré le chemin en créant le collectif Résilience commune, lieu d’ébullition, de débats d’idées. Ils et elles forment la jeune gauche écologiste d’aujourd’hui, et travaillent à construire le pays de demain. 

Nous sommes prêt.es, comme eux, à faire le pari du dépassement, dont notre mouvement porte d’ailleurs déjà en lui la promesse. Nous voulons nous mettre au service de cette dynamique pour gagner, dans les consciences et dans les urnes. Nous affirmons notre détermination à construire la nouvelle force de l’écologie sociale et démocratique

Cette force nouvelle ne peut se résumer à un agrégat de logos, elle ne doit pas être une simple fusion de partis. Elle doit être une force qui fédère, au-delà des partis, les citoyen.nes mobilisés, au cœur de la société engagée et de son projet, socle des victoires futures. 

Cette force nouvelle doit être une chance pour l’écologie, afin de lever les doutes de certain.es de nos concitoyen.nes sur l’ancrage social absolu de son projet. Nous le savons, ce dernier ne se limite pas aux considérations environnementales, mais sa crédibilité sociale doit être résolument renforcée. Cela peut être réalisé dans une nouvelle étape : la consolidation du Pôle écologiste qui se structure actuellement  autour de plusieurs formations politiques dont Génération.s.  

Cette force devra achever la mutation de la gauche. La fracture entre productivistes et anti-productivistes passe aujourd’hui au milieu de ses partis traditionnels. Afin que les aspirations du plus grand nombre au mieux vivre prennent le pouvoir dans la durée, nous nous engageons à bâtir la gauche nouvelle qui fera correspondre majorité sociale et majorité politique. La nouvelle force que nous voulons devra accueillir celles et ceux de leurs membres qui sont prêts à s’engager dans les mutations indispensables, et devra proposer des processus de coalition à ceux qui y viennent plus lentement. 

Pour enclencher ce processus, Benoît Hamon appelait dès 2017 aux « Etats Généraux de la gauche». Nous proposons d’organiser les Universités du Futur désirable. Elles auront vocation à devenir les creusets de la pensée sociale, écologiste et démocratique de demain. En réalisant la convergence idéologique des mouvements, structurés ou non, qui traversent la Gauche et l’écologie aujourd’hui, elles permettront à tou·tes de construire ensemble un projet alternatif de société qui doivent se nourrir et servir à créer des liens avec les mouvements progressistes internationaux.. En replaçant la production intellectuelle et la quête de justice sociale au cœur, dans le respect des sensibilités de chacun·e, elles nous remettront collectivement sur les rails de la création commune d’idées neuves en créant notamment des formations militantes pour co-construire nos propositions politques. 

Que faire face à la division qui s’annonce à l’élection présidentielle? 

La recherche de l’unité doit être une obsession, mais elle ne doit pas nous isoler  dans l’incantation, et nous empêcher de jouer un rôle actif dans la construction d’une alternative. Nous sommes trop petits pour décréter seuls l’unité, mais assez grands pour participer activement à la construire en la nourrissant de nos valeurs, de nos idées.. 

Voilà pourquoi nous sommes entré.es dans le processus du “Pôle écologiste” qui  travaille en vue de 2022. C’est un premier pas indispensable, pour créer une dynamique à même de l’emporter. Elle doit être la source d’un rassemblement large et une candidature unique de la gauche et de l’écologie en 2022, pour figurer au 2nd tour, et l’emporter. 

Il nous faut bâtir l’outil du dépassement, pour demeurer fidèles à notre promesse initiale de construire la maison commune. Inventons une nouvelle force, populaire, conquérante, citoyenne, écologiste, de gauche, féministe, antiraciste et internationaliste. Cette force ne pourra se construire que dans la clarté de la double rupture avec le modèle néolibéral et productiviste. Elle devra nouer des liens avec d’autres mouvements politiques et collectifs de citoyens dans le monde. 

A l’heure où nous écrivons, la situation de notre pays est instable, le calendrier électoral incertain. Nous nous engageons donc à organiser d’autres temps forts de démocratie et de débat au sein du mouvement (convention extraordinaire, ou thématiques…) pour faire vivre cette orientation dans le respect absolu de la pluralité des points de vue notamment en permettant une juste représentation des différentes sensibilités dans l’ensemble des instances du parti et de la représentation électorale, de la démocratie interne en renforçant le respect des instances, l’indépendance du conseil des membres et de l’AMT, en améliorant la communication du collectif national vers ces instances comme vers les comités locaux (compte rendu – état de situation – relevé de décisions …). La révision des statuts et du règlement intérieur pour intégrer les retours de nos 3 années d’expérience doit être au calendrier de 2021. 

Considérant que la dynamique actuelle autour de l’écologie sociale, populaire et démocratique est une opportunité pour la gauche. Elle est aussi une force qui doit lui permettre de se rassembler pour gagner, gouverner et transformer la société, Génération.s souhaite poursuivre et approfondir sa participation au « pôle écologiste » constitué des formations politiques écologistes, et nouer un partenariat solide et durable avec Europe- Ecologie Les Verts, moteur central de ce pôle.  

Cet engagement, symbolisé par notre ratification de la déclaration commune placée en annexe, se matérialise par :  

  • Une participation active au processus de construction commune d’un projet fort et transformateur, ainsi que de candidatures à l’élection présidentielle et législative. 
  • L’intégration dans une co-direction renforcée du pôle, 
  • L’élaboration des fondements politiques, stratégiques et organisationnels de la  406 nouvelle formation politique écologiste de gauche à vocation majoritaire.  

Ce développement et cet engagement sont indissociables de deux éléments  408 principaux : le respect de notre attachement à l’unité de la gauche et des écologistes, et le respect de notre singularité politique et de notre représentativité. Par conséquent, la participation de Génération.s au pôle écologiste et à toute initiative est liée à :  

  • Un engagement permanent et réaffirmé de Génération.s pour une issue unitaire permettant la synthèse des projets des gauches et des écologistes et le rassemblement autour d’une candidature commune franchement écologiste et ancrée à gauche à l’élection présidentielle, de candidatures communes dans chaque circonscription législative et d’un gouvernement de coalition entre toutes les forces de gauche et écologistes. Ainsi, nous veillerons à la compatibilité de notre projet  politique avec ceux des autres forces et candidat.es, ou à la création d’espaces de dialogues sur les sujets de désaccords (Revenu universel,…)  
  • Un engagement fort et réaffirmé de Génération.s pour l’adoption de stratégies de rassemblement de toute la gauche et des écologistes dans les régions et départements où existe un risque de victoire de l’extrême-droite.  
  • Le respect de la singularité de Génération.s et de ses propositions principales comme le Revenu universel d’existence ou de la nécessaire réponse politique à la crise sociale qui frappe le pays et à la lutte contre les inégalités, intrinsèquement liée à la lutte contre le dérèglement climatique et pour l’environnement, ainsi qu’au combat contre toutes les discriminations, le racisme, le sexisme.  
  • Des accords aux élections régionales, puis demain pour les élections législatives, qui traduisent fidèlement la place de Génération.s au sein du pôle écologiste et de la gauche, tant dans les programmes, les dispositifs de campagne que les candidatures et leur éligibilité.  
  • Le respect des propositions de programme et de candidatures de Génération.s dans chaque territoire pour les élections départementales. 
  • Une co-direction du pôle écologiste fidèle aux équilibres politiques légitimes, dans l’objectif de construire un mouvement politique et citoyen qui ne soit pas une fusion d’appareils mais une force nouvelle de l’écologie politique pensée et organisée selon des principes démocratiques et un ancrage à gauche de son identité idéologique.  

En conséquence, mandat est donné à la coordinatrice nationale et au coordinateur national avec le Collectif national qui sera prochainement élu : 

  • D’engager la signature du mouvement pour tout appel ou déclaration commune à venir qui s’inscrit dans le respect et la co-construction des objectifs et principes énoncés plus haut.  
  • De mettre en œuvre au sein du Pôle écologiste et partout où il est possible de le faire, les principes et objectifs énoncés, dans les délais les plus brefs, si possible au premier semestre 2021.  
  • De défendre l’unité de la gauche et des écologistes tant dans nos débats au sein du pôle écologiste qu’à l’extérieur et auprès de nos concitoyen.nes dans des campagnes et la participation à toutes les initiatives unitaires qui s’inscrivent dans la fidélité à nos valeurs.  
  • De finaliser le travail programmatique du mouvement, en lien avec la société engagée et de le mettre en partage au sein du pôle écologiste dans un processus commun, et avec le reste de la gauche dans des Universités du Futur désirable. 
  • De faire vivre les valeurs et propositions portées par Génération.s dans des campagnes de terrain et des initiatives nationales en lien avec les partenaires de la gauche et de l’écologie et avec la société engagée.  
  • D’organiser les ratifications démocratiques par les adhérentes et les adhérents de chaque étape du calendrier défini collectivement au sein du Pôle écologiste pour la préparation dans l’année 2021:  

• des échéances électorales de 2022 (primaire du pôle écologiste, initiatives unitaires possibles, candidature présidentielle soutenue, candidatures législatives, programme de gouvernement…) ; 

• de la force nouvelle de l’écologie politique (nature, organisation, gouvernance…) ;  

• du projet de société écologique et social (objectifs, mesures, programme…).  

C’est vous, adhérent.es, qui aurez à chaque étape à dire quelle direction nous devons prendre. 

Nos ambitions communes sont à la hauteur des défis que l’Histoire nous impose. Sachons, ensemble et avec d’autres, les relever !

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