Vous condamnez les violences ?

Visuel Vous condamnez les violences ?
Par Génération•s

Rappel au gouvernement et aux chaînes d’info

A chaque mouvement social, la même injonction. Aujourd’hui, sans surprise, le gouvernement s’évertue à faire de la « violence » du mouvement lycéen le seul sujet de débat.

Parlons donc de la violence, mais en donnant tout son sens au mot : tout ce qui blesse, prive, humilie, abîme les corps et les vies.

Certaines violences laissent des traces dans la rue. D’autres, causées ou permises par le pouvoir, tuent en silence, bien plus massivement.

Quand travailler tue
Pour la quatrième année consécutive, la France vient de battre son propre record des mort·es au travail. Notre pays est même champion européen en la matière.
En comptant les accidents du travail, sur le trajet et les maladies professionnelles, 1 331 personnes sont mortes de travailler en 2025, soit plus de trois décès par jour.
Quand on affaiblit la protection sociale, on pousse les personnes à accepter n’importe quelles conditions de travail. Des conditions parfois indignes, parfois mortelles.

Quand la pauvreté et la précarité explosent
Depuis 2018, l’extrême pauvreté a progressé de 37% en France.
La précarité du logement a bondi de 62%. Près d’un quart des personnes touchées sont des enfants de moins de 10 ans
En 2023, la loi Kasbarian a fragilisé le droit au logement pour privilégier celui de posséder. Résultat : une hausse de 30% des expulsions dans l’année qui a suivi.
2 355 enfants qui dorment à la rue en 2026, c’est infiniment plus violent qu’une poubelle qui brûle.

Quand tuer devient légitime
En juillet 2026, le gouvernement et l’extrême droite ont voté ensemble le « permis de tuer » : qui présume légal tout tir de policier ou de gendarme.
Ils l’ont fait malgré les alertes des syndicats de magistrat·es, d’avocat·es, de chercheurs et de chercheuses. Devant une Assemblée remplie de familles de victimes de violences policières venues témoigner, et qu’ils ont choisi d’ignorer.
Depuis la loi Cazeneuve en 2017, les tirs mortels sur des véhicules ont été multipliés par cinq, et moins de 2% des affaires aboutissent à une condamnation.

Quand vivre signifie s’empoisonner
En août 2026, deux pesticides dangereux pour la santé ont été réautorisés, malgré la mobilisation historique contre la loi Duplomb un an plus tôt.
Alors que les scientifiques alertent sur l’épidémie de cancers qui se développe, le gouvernement choisit de plaire aux lobbies plutôt que de protéger la population.
La France est n°1 mondial du cancer du sein. Une étude a retrouvé 578 pesticides dans plus de 1 000 tumeurs.
« Cette violence chimique nous attaque, elle est invisible » – Fleur Breteau, porte parole de Cancer Colère

Quand les mots achèvent de meurtrir
« Un pognon de dingue. »
« Des fainéants. »
« Les gens qui ne sont rien. »
« Je traverse la rue, je vous trouve un travail. »
« Quand j’entends violences policières, je m’étouffe. »

Ces formules précèdent et accompagnent les politiques qui broient des vies. Elles font des pauvres des fautifs, des victimes des coupables, du désaccord un manque de pédagogie.
Elles témoignent d’une philosophie du mépris, d’une hiérarchie entre les vies, cette première violence qui permet toutes les autres.

Nous la voyons. Nous la combattons.

Alors que la colère sociale s’embrase déjà, le gouvernement prévoit pour 2027 un budget plus antisocial que jamais, qui fragilise toutes les aides aux catégories populaires et moyennes.
Derrière les calculs comptables, des millions de vies en jeu.

Alors, vous condamnez les violences ?

« On dit d’un fleuve emportant tout qu’il est violent, mais on ne dit jamais rien de la violence des rives qui l’enserrent. »
Bertolt Brecht

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