Si l’extrême droite arrivait au pouvoir, elle aurait les moyens de détruire la démocratie. Voici comment.

Visuel Si l’extrême droite arrivait au pouvoir, elle aurait les moyens de détruire la démocratie. Voici comment.
Par Génération•s

Un nouveau rapport universitaire commandé par les Ecologistes évalue les vulnérabilités du système français face à l’arrivée au pouvoir d’une majorité autoritaire.
À partir des exemples de la Hongrie et de la Pologne, il dresse les étapes clefs du démantèlement de la démocratie et de l’Etat de Droit, et soumet nos institutions à un test de résistance.

Conclusion : la France l’un des pays les plus vulnérables d’Europe. Voici ce que l’extrême droite pourrait faire (et comment résister).

1. Modifier la Constitution par référendum
L’article 11 de la Constitution permet au Président de soumettre certains textes directement au référendum. Il a été utilisé en 1962 par le général De Gaulle pour réviser la Constitution.
En cas d’arrivée au pouvoir, Marine Le Pen a déjà annoncé vouloir y recourir pour s’extraire des contraintes du droit international et mettre en place son projet de préférence nationale, une loi d’apartheid qui priverait des millions de personnes de leurs droits fondamentaux.

2. Neutraliser le Parlement, voire s’arroger les pleins pouvoirs
La Ve République accorde un pouvoir démesuré à l’exécutif. La réforme des retraites de 2023 l’a montré : le gouvernement dispose de nombreux outils pour empêcher tout débat parlementaire, quand il ne légifère pas simplement par ordonnances.
Pire, l’article 16 de la Constitution permet au Président de s’arroger les pleins pouvoirs en cas de crise grave, sans définition précise ou garde-fous réels.
Au pouvoir, l’extrême droite pourrait user de tous ces leviers pour contourner l’opposition et verrouiller le pouvoir.

3. Mettre au pas la justice
Les magistrats du Parquet, qui décident des poursuites, dépendent du pouvoir exécutif pour leur carrière et leurs sanctions disciplinaires, et ne sont pas inamovibles. Un gouvernement autoritaire pourrait donc orienter les poursuites, protéger ses alliés, cibler ses opposants et mettre au ban ceux qui résistent.
En Hongrie comme en Pologne, la mise sous tutelle de la justice a été l’un des premiers actes de démantèlement de la démocratie.

4. Silencier les médias
Alors que la concentration des médias privés entre les mains de quelques milliardaires réactionnaires menace déjà la démocratie, l’indépendance des médias publics est de plus en plus fragile : leur financement dépend de la bonne volonté politique, et c’est l’Elysée qui tient le fil du choix de leurs dirigeants.
L’extrême droite française est déjà en croisade contre l’audiovisuel public. Au pouvoir, elle aurait les mains libres pour en faire un instrument de propagande, détruisant le droit à une information libre.

5. Saper les contre-pouvoirs
En France, presque aucune autorité indépendante n’est protégée constitutionnellement : par une simple loi, l’Arcom, l’Autorité de sûreté nucléaire ou encore la Cnil, qui protège nos données personnelles, pourraient être supprimées.
De même, un décret administratif suffit à dissoudre une association, sans décision judiciaire. Des Soulèvements de la Terre à Urgence Palestine, la Macronie nous a déjà montré que ces outils peuvent servir à museler les voix contestataires.

6. Verrouiller les élections
La France est l’un des rares pays démocratiques à ne pas disposer d’une autorité électorale indépendante. L’organisation des scrutins et le découpage des circonscriptions restent à la discrétion du Parlement et de l’exécutif, sans réelle protection contre leur instrumentalisation.
De la Hongrie à l’Italie, les gouvernements autoritaires s’attaquent systématiquement au système électoral pour favoriser leur maintien au pouvoir.

7. Purger la fonction publique
La contractualisation croissante des emplois publics en France offre une marge de manœuvre de plus en plus grande pour politiser le recrutement des fonctionnaires et saper toute résistance interne, avec un contrôle du juge limité.
En Hongrie, plus de 3 000 agents publics ont été licenciés en une seule année après l’arrivée au pouvoir de Viktor Orbán.

Ce que nous devons faire maintenant
Battre l’extrême droite en 2027 est une nécessité absolue.
Mais nous devons aussi nous préparer : rendre notre démocratie résistante en engageant dès maintenant des réformes institutionnelles vitales, plutôt que d’attendre le pire. Renforcer l’indépendance de la justice. Limiter les pouvoir de l’exécutif. Protéger constitutionnellement les contre-pouvoirs. Créer une autorité électorale indépendante, et faire du Conseil Constitutionnel une véritable Cour qui protège nos droits fondamentaux.

Il y a urgence. Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas.





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