L'impératif démocratique La Catalogne symptôme du besoin d’une autre Europe

Communiqué de presse de Génération.s concernant la situation en Catalogne et la nécessité de réformes profondes des institutions européennes et nationales.

La situation en Catalogne, qui reste dans une impasse depuis les évènements de l’automne 2017, est inquiétante pour l’Europe. Le silence de ses dirigeants est assourdissant alors que cette crise, dans un grand pays de l’Union européenne, révèle les faiblesses de nos démocraties. Et confirme la nécessité de réformes profondes tant des institutions européennes que de nos institutions nationales.

Il n’est pas nécessaire de remonter aux origines lointaines de la crise, une solution doit être inventée pour l’avenir. Cependant une constante de la situation actuelle est le refus du gouvernement conservateur de Rajoy de dialoguer avec les instances représentatives de la Catalogne. Il est nécessaire de poser la question fondamentale des conditions du vivre-ensemble en Espagne et en Catalogne et d’y répondre grâce à un dialogue ouvert. Une solution politique pourra être inventée à condition que les parties entrent sincèrement en discussion, se respectent mutuellement et que les libertés d’opinion et d’expression de chacun soient respectées.

L'impression que donne aujourd’hui le gouvernement conservateur de Rajoy est qu'il ne souhaite pas respecter ces fondements de la démocratie. Son obstination a conduit les autorités catalanes élues et une grande partie de la population de Catalogne à organiser ces dernières années des actions de protestation pacifiques et de prendre l’initiative d’un référendum dont le résultat, dans les urnes et hors des urnes, est connu. La seule réponse du gouvernement central a été de faire sortir la police armée et de lancer des poursuites pour « rébellion » contre treize personnalités politiques de Catalogne, confirmées par la cour suprême espagnole il y a quelques jours : l’Espagne est ainsi le seul pays de l’Ouest de l’Europe à avoir des prisonniers et des exilés politiques. Parmi ces femmes et ces hommes, certains ont pourtant été élus lors des élections du 21 décembre organisées à la demande de Madrid.

Une telle situation dans un grand pays européen exigerait une action décisive des institutions européennes et notamment du Parlement européen, représentant des peuples, comme GENERATION•S l’affirmait en octobre dernier. Ce déni de démocratie à notre porte est un affront à l’Europe et au projet politique qui l’a portée. La passivité des dirigeants européens montre les limites du système politique actuel et la nécessité d’un débat sur ses fondements, dans la perspective d’une transformation profonde. Le temps du rapiéçage est fini. C’est ce projet de renouvellement que Génération.s porte avec d’autres mouvements européens progressistes, convaincus, comme nous, que nous avons besoin d’Europe, mais d’une autre Europe.

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