« Vous êtes la honte de la République ! » – Benjamin Lucas dénonce les violences policières contre les lycéen·nes
Notre article sur la répression du mouvement ⬇️

Depuis deux semaines, la répression brutale des mobilisations lycéennes révèle la dérive autoritaire dans laquelle la Macronie s’est engagée depuis de nombreuses années.
Des violences contre les jeunesses populaires à celles contre les mouvements étudiants, retour sur dix années de matraquage de la jeunesse.
1. 2018 : « une classe qui se tient sage »
Des dizaines de mineur·es mis à genoux par une police armée de boucliers et de matraques : ces images ont choqué le pays entier, à raison.
Avec plus de 700 jeunes interpellés en une journée, la répression du mouvement lycéen opposé à la réforme du bac de 2018 donnait le ton pour les années à venir.
2. 2020 : criminalisation des mobilisations étudiantes
Pour répondre aux mouvements étudiants, le gouvernement a une solution simple : les interdire.
La loi de programmation de la recherche de 2020 entendait créer un délit d’intrusion et de trouble à la tranquillité des établissements, pour criminaliser les luttes étudiantes.
L’article a été censuré par le Conseil Constitutionnel.
3. 2021 : une main arrachée pour avoir voulu danser
En juin 2021, un millier de jeunes participent à une free party à Redon (Bretagne), en hommage à Steve Maia Caniço, mort noyé suite à une intervention policière le soir de la Fête de la Musique.
400 gendarmes déversent gaz lacrymogènes et grenades sur les participant·es. Un jeune homme de 22 ans y perd une main. Voilà ce que coûte la liberté de faire la fête.
4. 2023 : face à la colère des quartiers populaires, violences et réponse pénale
Après le meurtre de Nahel Merzouk par un policier le 27 juin 2023, le gouvernement reste sourd à la colère des jeunesses populaires, qui se soulèvent pour défendre leur droit à vivre.
3 000 interpellations, des centaines de comparutions immédiates et de jeunes emprisonnés, et aucune réponse politique pour mettre fin aux violences policières.
5. 2024 : Les mouvements pro-palestine réprimés
Face au génocide à Gaza et au silence complice des gouvernements occidentaux, les jeunesses du monde entier occupent leurs facs en solidarité avec les Palestinien·nes.
Là encore, la réponse est policière : des mobilisations pacifiques évacuées par la force, et des sanctions disciplinaires et pénales pour les jeunes qui ont osé dénoncer l’insupportable.
6. Face au mouvement lycéen, encore une fois, la matraque
Depuis le début du mouvement, le gouvernement s’emploie à disqualifier la mobilisation en parlant de « violences urbaines ». Un prisme uniquement sécuritaire : 5 060 gardes à vues en quelques jours, et un déferlement de violences.
A Lens, un lycéen a eu la main arrachée par une grenade. A Saint-Ouen, un autre est défiguré après un tir reçu dans la bouche. A Tours, un autre a été éborgné par un LBD.
7. La loi « casseurs-payeurs » en passe d’être adoptée par le Parlement
Face au mouvement lycéen, le gouvernement veut légiférer vite. Pas pour apporter une réponse politique à la colère des jeunes, ni pour mieux financer l’Education Nationale.
Sa loi « casseurs-payeurs », dont le calendrier vient d’être accéléré, rendrait tous les participant·es à une manifestation responsables des dégradations commises et leur ferait payer les réparations. Le seul objectif : punir toujours davantage.
Ce que cette sinistre liste dessine, c’est la politique liberticide et réactionnaire d’un gouvernement qui, à chaque occasion, reste sourd aux revendications de la jeunesse et cherche à la mater par la matraque et la justice pénale.
« Les jeunes ont toujours été une menace pour le pouvoir », explique le sociologue Patrick Bruneteaux. La Macronie l’a bien compris.
Ne les laissons pas nous intimider. Restons mobilisé·es.