Pour une égalité réelle et émancipatrice

L’égalité n’est pas l’ennemie de la liberté, elle en est la condition. Une liberté qui s’arrête là où commencent les privilèges de naissance, de classe, de genre ou d’origine n’est qu’un leurre. L’égalité réelle suppose de s’attaquer aux mécanismes qui reproduisent les inégalités de génération en génération : la transmission du capital, l’exploitation des travailleuses et des travailleurs, la dévalorisation de certains métiers… afin de garantir à chacun·e un socle matériel suffisant pour exercer réellement sa liberté.

Nous affirmons que le service public est l’outil primordial de la lutte pour l’égalité. Comme le rappelle le statisticien Mathias André (2025), la redistribution monétaire via les prestations sociales n’est qu’une partie seulement du système de protection sociale. En réalité, « la réduction des inégalités est avant tout portée par les services publics » en raison notamment de leur caractère universel. Ensemble, école, logement, et santé contribuent pour 50% à la réduction des inégalités. Contre la marchandisation du monde et l’individualisme, la défense et le développement des services publics est notre objectif et notre moyen.

Partager les richesses pour en finir avec les privilèges

Rompre la reproduction des privilèges : l’héritage maximal

L’héritage est aujourd’hui le premier facteur de reproduction des inégalités sociales en France. 60 % du patrimoine français provient de transmissions et non du travail, contre 35 % en 1970 : la richesse est devenue, majoritairement, le résultat de la naissance plutôt que le fruit du travail. En France, 50% des personnes ne toucheront jamais d’héritage. Et parmi celles et ceux qui héritent, 85%, soit l’immense majorité, touchent des sommes modestes, bien en dessous des seuils d’abattement fiscaux en vigueur. Elles ne sont pas concernées par l’impôt sur la succession, et nous ne voulons pas le remettre en question. Ce que nous ciblons, c’est autre chose : les 0,1% les plus riches. Leur héritage moyen dépasse 13 millions d’euros, c’est-à-dire 180 fois plus que l’héritage médian. Cette indécence prospère en toute légalité, protégée par un labyrinthe de niches fiscales taillées sur mesure pour les ultra-riches, qui ne s’acquittent en pratique que d’une part dérisoire des droits de succession théoriquement dus. D’ici 2040, 9 000 milliards d’euros seront transmis en héritage. C’est la plus grande transmission financière de l’histoire. Face à cela, nous avons le choix : ou bien laisser une poignée de super-héritiers capter ce trésor, ou bien qu’il serve enfin l’égalité réelle.

 

Nous proposons de fixer un plafond à l’héritage : un maximum de dix millions d’euros par personne, calculé sur l’ensemble du patrimoine reçu au cours d’une vie. 10 millions, c’est déjà une fortune : c’est se garantir 10 000 euros par mois de sa naissance jusqu’à ses 80 ans, sans jamais travailler une seule heure. Un horizon inimaginable pour l’immense majorité des citoyen·nes. L’accumulation sans frein n’est pas un droit : il est temps de lui fixer une limite.

 

Au-delà de ce seuil, ce qui est transmis revient à la nation. Cette mesure exige une réforme d’ampleur des niches fiscales, sans quoi le plafond resterait illusoire. Au contraire, à l’autre bout de l’échelle, nous défendons la gratuité réelle pour les héritages modestes, avec la prise en charge des frais de notaire par l’État. Transmettre le petit pavillon familial ne doit rien coûter ; transmettre une dynastie financière ne doit plus être possible.

 

L’héritage maximal n’est pas seulement un outil de justice : c’est un levier de transformation. Les parts de société récupérées à ce titre ont vocation à être regroupées dans un fonds souverain écologique, destiné à orienter les participations de l’État au service de la bifurcation écologique.

 

Cette refondation de la fiscalité du patrimoine passe aussi par une refonte de la taxe foncière au niveau national, dont le montant serait déterminé selon le niveau de patrimoine du ménage : il est injuste qu’un ménage endetté pour acheter son logement paie autant qu’un multipropriétaire. Nous appelons également à la mise en place de la taxe Zucman, et souhaitons en explorer des formes plus ambitieuses. Parmi elles, la proposition d’impôt de solidarité nationale de Thomas Piketty : un prélèvement exceptionnel sur les très grands enrichissements de la décennie écoulée, doublé d’un impôt permanent de 5% à 10% sur les plus grands patrimoines. Les recettes d’une telle taxe se compteraient en centaines de milliards d’euros, rendus disponibles pour financer le bien commun.

Aller vers un revenu universel d’existence

Nous portons un changement de paradigme fondamental par rapport à la mise en concurrence de tous·tes contre tous·tes pour obtenir le droit de « gagner sa vie » par le travail : la richesse existe en quantité suffisante pour garantir à chacun·e le droit de vivre dignement. Le revenu universel d’existence est l’horizon de ce changement. Que cela soit dit : nous nous opposons fermement à toute perspective d’unification des prestations sociales en un solde de tout compte déconnecté des revenus productifs, aveugle aux structures du capital, et dont le montant serait à la main de l’exécutif. Le revenu universel se conçoit comme l’aboutissement de luttes pour la répartition des richesses et la démocratisation de l’ensemble du processus productif. Il ne s’oppose pas au travail : il l’élargit, en reconnaissant enfin les activités du lien, du soin et de l’engagement que le marché ignore. L’héritage maximal, outil de redistribution inédit, permet d’en financer les premières étapes, qui répondent aux urgences les plus pressantes.

 

D’une part, un revenu minimum garanti pour les plus fragiles : la hausse du RSA au niveau du seuil de pauvreté et l’abrogation de sa conditionnalité. Il faut en finir avec la logique de contrôle et de suspicion qui humilie les plus précaires et fabrique du non-recours. Un revenu d’autonomie jeune par ailleurs, accessible aux 18-25 ans, fixé au même niveau : dans un pays où près d’un·e étudiant·e sur deux a déjà renoncé à se nourrir pour des raisons financières, aucun·e jeune ne doit abandonner ou mettre en péril ses études pour survivre. Un revenu pour les aidant·es enfin : à l’heure du vieillissement de la population et de la hausse des affections de longue durée, plus de 9 millions de personnes sont aidantes en France en 2026, dont une majorité de femmes. Leur engagement leur coûte plusieurs milliers d’euros par an, pèse sur leur vie professionnelle et diminue leur espérance de vie de 15 ans en moyenne. 70 % ressentent de la solitude. Ces millions de personnes tiennent à bout de bras ce que la collectivité est incapable de prendre en charge. La société que nous voulons ne se satisfait pas d’exploiter ce travail invisible : elle le reconnaît, le valorise et l’accompagne.

 

En parallèle et en appui de ces protections, les salaires doivent bien sûr être revalorisés : hausse du SMIC, réindexation des salaires sur l’inflation et hausse de la rémunération des stagiaires et des apprenti·es. Une attention particulière doit être portée à la question du revenu des agriculteur·ices : il est intolérable qu’aujourd’hui, celles et ceux qui nous nourrissent ne puissent pas vivre dignement de leur travail. Cela passe notamment par la mise en place de prix planchers couvrant les coûts de production, une exigence stricte sur les normes sanitaires, sociales et environnementales des produits importés et l’instauration de prix minimum d’entrée.

Étendre la Sécurité sociale pour réparer le contrat social

En octobre 1945, le Conseil National de la Résistance créait la Sécurité Sociale. C’est le plus grand conquis social de l’histoire moderne ; une des plus belles constructions du XXe siècle en termes de solidarité. Nous voulons renouer avec cette ambition fondatrice : pas seulement défendre la Sécurité sociale, mais étendre autant que possible son principe, merveilleusement juste : « chacun·e paye selon ses moyens et reçoit selon ses besoins ». Nous appelons à socialiser davantage de secteurs de l’économie, pour les extraire de la logique de marché. Si ces élargissements ont un caractère universel, ils sont aussi profondément antidiscriminatoires, car ils bénéficieront d’abord aux personnes les plus vulnérables et marginalisées.

 

Nous appelons à la création d’une sécurité sociale féministe et inclusive. Pour la menstruation, d’abord : le système actuel fait payer aux femmes le prix de leur corps, la gynécologie étant la spécialité médicale pratiquant le plus fort taux de dépassements d’honoraires. En 2023, la précarité menstruelle touchait quatre millions de personnes. Nous défendons la gratuité de la contraception, des traitements hormonaux et des protections périodiques, à usage unique ou réutilisables. Nous proposons la création d’un arrêt hormonal de travail, couvrant la diversité des problématiques liées à la vie menstruelle, des règles incapacitantes à la ménopause.

 

Cette sécurité sociale inclusive implique aussi la gratuité du dépistage pour toutes et tous, la prise en charge des soins psychologiques, mais aussi de ceux liés aux transitions de genre. Celles-ci doivent pouvoir être accompagnées, personnalisées et intégralement remboursées, sans passer par la procédure longue et incertaine de l’affection de longue durée. En France, près de deux tiers des personnes trans vivent sous le seuil de pauvreté, et leur taux de suicide est huit fois plus élevé que pour la population générale. Les discriminations et la stigmatisation, alliées aux difficultés d’accès à la transition, aggravent le mal-être psychique. A l’heure où les forces réactionnaires attaquent les existences qui s’écartent de la norme, nous voulons, au contraire, réaffirmer leur droit à la différence, à une vie digne et au respect de leurs droits et aspirations.

 

Nous plaidons également pour l’ouverture d’une sécurité sociale de la mort. Le secteur funéraire est dominé par deux groupes privés qui réalisent 35 % du chiffre d’affaires du secteur et contrôlent les deux tiers des crématoriums. Depuis la libéralisation de 1993, les prix ont augmenté de 56 %, deux fois et demie plus vite que l’inflation. Mourir coûte en moyenne 3 800 euros, et les aides existantes, souvent méconnues, laissent plus d’un milliard d’euros non réclamés chaque année. Dès 2008, 53 % des Français·es estimaient que les pompes funèbres devraient être un service public sans but lucratif. Nous proposons d’universaliser et d’automatiser les aides au décès, de conventionner les entreprises funéraires, et d’ouvrir la voie à des obsèques écologiques accessibles à tous·tes.

 

Enfin, nous appelons à multiplier et soutenir, partout, les expérimentations autour de la Sécurité Sociale de l’Alimentation, pour répondre à la fois à l’enjeu du revenu paysan et au droit à une alimentation saine et accessible garantissant la santé environnementale de toutes et tous. Les initiatives actuelles sont foisonnantes, et manquent d’un accompagnement public à la hauteur.

Des inégalités structurelles à renverser

Outre-mer : en finir avec la République à deux vitesses

Dans les Outre-mer, les inégalités structurelles prennent une forme particulièrement brutale. Vivre y coûte 30 à 40 % plus cher qu’en Hexagone, pour des revenus souvent inférieurs de moitié. La grande pauvreté y est 5 à 15 fois plus fréquente. Le chômage des jeunes atteint 47 % en Guyane. Cette situation n’est ni un accident ni une fatalité géographique, mais l’héritage d’un système colonial qui perdure sous d’autres formes : une économie structurée par l’importation, la rente et les monopoles. Un système qui maintient ces territoires dans une dépendance artificielle et étouffe toute souveraineté locale. Refuser la précarité structurelle des territoires ultramarins, c’est affirmer que la justice sociale et la dignité ne peuvent dépendre d’un code postal. C’est aussi réaffirmer qu’ils ne sont pas des marges, mais des avant-postes des luttes sociales, écologiques et antiracistes.

 

Les Outre-mer abritent 80 % de la biodiversité nationale et ne produisent que 5,4 % des émissions françaises de gaz à effet de serre ; ils subissent pourtant de plein fouet une accumulation de vulnérabilités environnementales et climatiques. Nous défendons un plan équitable et solidaire pour ces territoires : un plan d’adaptation pluriannuel doté de budgets dédiés, construit avec les collectivités et tenant compte des savoirs locaux. Il passe par la reconquête de la souveraineté alimentaire et hydrique, en modernisant des réseaux d’eau qui perdent jusqu’à 60 % de la ressource en Guadeloupe, et en défaisant l’économie de plantation : sortie des monocultures d’exportation au profit de cultures vivrières, fin des monopoles, ouverture sur les pays limitrophes pour briser l’isolement imposé par l’Hexagone. Il exige aussi de rendre justice aux victimes du chlordécone, par la reconnaissance d’un crime environnemental d’État, une indemnisation et la dépollution des sols et des eaux.

 

Nous voulons enfin faire de la mobilité des jeunes ultramarin·es un droit fondamental : quand un aller-retour entre Nouméa et Paris coûte plus de 2 000 euros, la continuité territoriale républicaine est une fiction. Nous proposons un droit universel à la mobilité et le développement des formations locales pour que partir soit un véritable choix, ainsi que l’ouverture de mobilités vers les bassins régionaux.

Égalité de genre et lutte contre les violences sexistes et sexuelles

Si des décennies de luttes féministes ont permis d’immenses avancées, la domination masculine continue de s’exercer dans toutes les sphères de la vie privée et publique, de manière plus ou moins visible. Proclamer l’égalité de genre « grande cause du quinquennat » ne suffit en rien à renverser un système d’oppression si ancien, ancré dans nos institutions et nos représentations. Sans volonté de transformation radicale, la société continue d’entretenir les structures qui produisent les inégalités : de la dévalorisation des métiers féminisés à l’impunité des violences, en passant par l’invisibilisation du travail domestique.

 

Au moins une femme sur deux a déjà subi une violence sexuelle en France. Ce chiffre est multiplié par quatre concernant les femmes en situation de handicap. Un viol ou une tentative de viol a lieu toutes les deux minutes trente. 91% des victimes connaissent leur agresseur, qui sont à 97% des hommes. En 2024, 141 féminicides ont été recensés, un décompte morbide qui ne recule pas, année après année. Derrière ces chiffres, ce sont des vies entières qui sont marquées par un système qui protège mieux les agresseurs que les victimes. La Ciivise a chiffré à dix milliards d’euros par an le coût des conséquences des violences sexuelles sur les enfants en France.

 

Face à ce constat insoutenable, nous défendons une loi-cadre de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, dotée de trois milliards d’euros pour sa mise en œuvre. Elle comprend l’imprescriptibilité des crimes et délits sexuels sur mineur·es, parce que l’amnésie traumatique et le silence imposé par les agresseurs ne connaissent pas de délais de prescription. Elle garantit la prise en charge thérapeutique à 100 % des victimes et un accompagnement sociojuridique automatique à tout dépôt de plainte. Elle rend obligatoire la formation de tous·tes les professionnel·les de l’éducation et du soin au repérage des violences sexuelles, notamment sur les enfants. Elle s’accompagne d’une éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle effective, sans concession faite dans les programmes aux lobbies réactionnaires. Elle doit inclure la sensibilisation aux identités LGBTQIA+, afin de bâtir une société égalitaire et fondée sur le respect de l’autre dès le plus jeune âge.

 

L’égalité économique entre les femmes et les hommes exige aussi des outils contraignants. Les salaires des femmes sont inférieurs de 22 % à ceux des hommes, leurs retraites de 40 %, conséquence des carrières hachées et du temps partiel subi. Nous défendons la revalorisation salariale des métiers féminisés, la lutte contre les préjugés genrés dans l’orientation professionnelle, une égalité salariale vérifiable entreprise par entreprise, et un congé parental égal au congé maternité obligatoire pour le second parent : tant que la parentalité pèsera sur les seules femmes, l’égalité professionnelle restera un vœu pieux. Nous appelons également à la constitutionnalisation du droit à l’IVG, et non de la simple liberté, pour engager l’Etat à garantir son effectivité. Enfin, nous proposons d’engager une réflexion nationale pour aboutir à une proposition de législation pour l’autodétermination du genre.

Handicap : dans tous les domaines, l’égalité à construire

Le handicap touche 17 % de la population, presque une personne sur cinq : une réalité considérable que les pouvoirs publics traitent encore comme une exception. Le validisme est une discrimination systémique, profondément ancrée dans nos institutions et nos imaginaires, qui maintient les personnes en situation de handicap en marge de l’école, de l’emploi, de l’espace public et de la vie citoyenne. Le taux de chômage des personnes concernées est deux fois supérieur à la moyenne nationale. Ces chiffres révèlent moins l’incapacité des personnes que celle d’une société qui n’a pas encore décidé de les traiter à égalité.

 

Des années après la loi du 11 février 2005 et la ratification par la France de la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées, les constats sont sévères : plus de 600 000 personnes vivent encore en institution, l’accessibilité généralisée reste un vœu pieux, le droit à l’éducation n’est toujours pas garanti, et des milliers de personnes doivent quitter la France faute de solutions adaptées.

 

Nous voulons une école réellement inclusive : un statut de fonctionnaire, une revalorisation et une formation réelle pour les AESH, des moyens matériels pour accueillir tous·tes les élèves sur l’intégralité du temps scolaire et extrascolaire y compris au lycée. Il faut faire de l’établissement spécialisé une exception, et non la règle par défaut. L’accès effectif à toutes les formations professionnelles, aujourd’hui largement inaccessibles, doit être garanti. La formation antivalidiste doit être rendue obligatoire pour les employeurs, les amendes pour non-respect du quota de 6 % de travailleur·ses handicapé·es augmentées et ce seuil progressivement relevé. Nous défendons l’accessibilité universelle comme règle de droit, pour tout le bâti neuf comme pour les transports, les bâtiments publics et les services numériques : un·e citoyen·ne qui ne peut accéder à un bureau de vote ou à un service public n’est pas un·e citoyen·ne à part entière.

 

Nous portons enfin un plan national de désinstitutionalisation, pour refuser la relégation et l’exclusion. Ce plan repose sur un engagement budgétaire pluriannuel pour le développement massif d’alternatives aux institutions : logements adaptés, services d’accompagnement à domicile, aides à la vie autonome. Ces politiques publiques doivent être co-construites avec les personnes concernées et leurs collectifs. Ce plan s’accompagne d’une refonte de la branche autonomie de la Sécurité sociale : revalorisation de l’AAH au niveau du SMIC et un meilleur cumul possible avec les revenus du travail. Vivre dignement parmi les autres ne peut pas rester un combat pour 12 millions de nos concitoyen·nes.

Français·es de l’étranger : des citoyen·nes à part entière

Les 2,5 millions de Français·es établi·es hors de France sont devenu·es, ces dernières années, le terrain d’expérimentation d’un désengagement méthodique de l’État. Notre enseignement français à l’étranger est livré à une marchandisation croissante qui l’éloigne des classes moyennes, françaises comme étrangères. La protection sociale des Français·es de l’étranger s’éloigne, elle aussi, des principes de notre Sécurité sociale, où chacun·e contribue selon ses moyens pour que la solidarité nationale couvre les risques de tous et toutes, en particulier des plus démuni·es. À cela s’ajoutent l’attrition des services consulaires et la saturation des services régaliens : les Français·es de l’étranger paient le prix d’une politique publique démantelée et incohérente. Nous soutenons l’appel de la société civile et des élu·es des Français·es de l’étranger, qui attendent que le gouvernement les traite enfin comme des citoyen·nes à part entière.

 

Nous voulons garantir l’accès à l’éducation française à tous les enfants, où qu’ils vivent. Le réseau de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) doit remplir pleinement sa mission de service public, avec des aides à la scolarité attribuées quand nécessaire, et un soutien à l’enseignement en langue française au-delà des seuls établissements homologués. L’école inclusive ne s’arrête pas aux frontières : les AESH qui accompagnent les enfants à l’étranger doivent bénéficier d’un contrat et d’un statut décents. Nous voulons également que l’AEFE puisse se consacrer pleinement au renforcement du réseau d’établissements français à l’étranger, sans avoir à financer les charges patronales des pensions civiles des personnels détachés de l’Éducation nationale.

 

Sur la protection sociale, nous refusons que la Caisse des Français de l’étranger reste la seule caisse de notre système de Sécurité sociale à devoir financer seule des missions de service public qui lui sont confiées par l’Etat. Seul l’État peut mobiliser la solidarité nationale par la redistribution des contributions sociales et fiscales, y compris celles versées par les Français·es de l’étranger. Nous voulons qu’il prenne enfin ses responsabilités et contribue aux missions de service public assumées par la CFE, notamment l’accès universel à la protection sociale garanti à tous·tes les Français·es résidant à l’étranger, ou encore l’accès au tarif aidé.

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