L'avenir soutenable Le renoncement est dans le pré !

La loi Agriculture et Alimentation vient d’être votée : l’objectif était de redonner du revenu aux agriculteurs et de rétablir la confiance de nos concitoyens en garantissant une alimentation de qualité, respectueuse des enjeux environnemental et sanitaire ainsi que du bien-être animal.

Ces engagements ont été bafoués et Génération.s dénonce la duplicité d’Emmanuel Macron, du ministre de l’Agriculture et de la majorité présidentielle, qui saupoudrent d’un peu de vert les articles de cette loi, mais dans les faits se sont faits les complices des VRP de l’industrie chimique et alimentaire.

Alors qu'en 2017, près de la moitié des agriculteurs gagnaient moins de 350€ par mois, la loi n'offre pas les garanties suffisantes pour alléger le poids des industries et des distributeurs lors des négociations commerciales avec les paysans.nes. Seul un arbitrage public, avec la définition de prix planchers, peut permettre d'équilibrer le rapport de forces et d'assurer aux producteurs un revenu décent.  

La promesse de l’arrêt du glyphosate dans les 3 ans proférée par le Président de la République est aujourd'hui soumise à de trop nombreuses conditions. Sa non-inscription dans la loi ne peut qu'apparaître comme une menace sur la possibilité réelle de mettre fin à son utilisation mais aussi comme une concession supplémentaire aux lobbys chimiques. 

Pourtant les solutions existent qui nécessitent un soutien aux agriculteurs, à la fois financier et de formation, pour les accompagner vers l’agro-écologie.

Même mensonge avec la promesse de prendre en compte le bien-être animal : ainsi l’élevage des poules et des lapins en cage, le broyage des poussins mâles, ou encore l’apparition de fermes usines vont tranquillement se poursuivre. L’opportunité d’expérimenter l’abattage itinérant est un progrès mais tant que la question des cadences infernales imposées dans les abattoirs ne sera pas posée, les dérives actuelles et le non-respect des règles continueront.

De maigres avancées sont à noter concernant l’étiquetage des produits, le nombre de traitements phytosanitaires sur les fruits et légumes frais, ou encore la restauration collective. Mais le gouvernement et la majorité ont refusé d’interdire l’importation et la vente de denrées alimentaires traitées avec des molécules interdites d’utilisation dans l’U.E. Et ont écarté toute politique d’encadrement de la publicité des produits trop gras et trop sucrés à destination des enfants ainsi que la mise en place d’un parcours éducatif cohérent sur l’alimentation au sein des écoles, alors même qu’il s’agit d’un enjeu sanitaire majeur.

Que dire encore de l’incompréhensible refus de créer un fonds d’aide aux victimes de produits phytosanitaires, pourtant voté à l’unanimité au Sénat ?

Génération.s regrette que cette loi s’inscrive dans la continuité d’une agriculture industrielle et ne permette pas d’engager une ambitieuse transition agricole, plus respectueuse des agriculteurs, de l’environnement et de la santé.

Le changement de paradigme est possible mais il nécessite d'abandonner les réflexes libéraux et productivistes. Les traités de libre échange, ratifiés par le gouvernement, sont l'exact opposé de ce qui permettra à la transition agricole et alimentaire de s'opérer.

Génération.s défend l'idée d'une démocratie alimentaire qui offrirait à toutes et tous un accès à une alimentation de qualité. Relocaliser la production, la transformation et la distribution est un enjeu qui dépasse de loin le cadre purement agricole, car ce modèle, issu des pratiques agro-écologiques et paysannes, permet la revitalisation des territoires ruraux.

L'urgence sociale et écologique est telle que la France et l'Europe doivent mettre en place des politiques ambitieuses permettant aux paysans.nes de vivre d'un métier tout en préservant les équilibres naturels.

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