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Banlieues : l'égalité sinon rien

Dans ce nouveau monde, on peut donner 3,2 milliards de cadeaux fiscauxen supprimant l’ISF des plus riches; pour les habitants des quartiers populaires on propose une « méthode »
Pourtant ce n’était pas si mal parti... À Génération•s, nous ne sommes pas sectaires, nous regardons les idées bénéfiques au pays et à ses citoyens. L’idée d’une mobilisation présidentielle pour les quartiers populaires, d’un conseil des villes pourquoi pas, d’un rapport ambitieux remis par Jean-Louis Borloo. L’idée qu’un “plan Marshall pour les banlieues” était une solution dépassée et qu’il faut désormais un retour total des quartiers dans le droit commun de la République plutôt qu’une éternelle stigmatisation. Et Génération.s ne pouvait pas bouder, non plus, l’idée que les citoyens ont le premier rôle à jouer, que c’est à eux de décider, de dessiner leur avenir et celui de leurs enfants. L’idée que ce ne sont plus quelques technocrates, dans des bureaux chics du centre de Paris, qui pourraient mieux comprendre, et surtout mieux changer, la vie des banlieues que celles et ceux qui y vivent, travaillent, y militent ou y innovent. Pourtant, in fine, c’est à nouveau ce qui s’est produit.
 
Le virage sécuritaro-conservateur se poursuit
Emmanuel Macron a, dans son “non-discours”, montré l’étendue de sa “non-connaissance” des banlieues et de leurs réalités. Il y aligna des poncifs oscillant entre Tintin au Congo et Sarkozy en mode Karcher. Rien ne manqua et la banlieue fut à nouveau réduite, dans le discours public, à des questions réelles mais auxquelles il est impossible, ridicule et humiliant de la réduire : insécurité, intégrisme, immigration, drogue, terrorisme.
 
On peut donner 3,2 milliards de cadeaux fiscaux
en supprimant l’ISF des plus riches;
pour les habitants des quartiers populaires on propose une « méthode »
 
Exit la République bienveillante, le virage sécuritaro-conservateur se poursuit pour glaner les voix de droite aux élections européennes: frapper les migrants, les étudiants, les cheminots, s’attaquer aux chômeurs, poser avec Philippe de Villiers dans le JDD...Il ne voudrait pas saper tant d’efforts en s’affichant bienveillant avec la banlieue ! Exit surtout le rapport Borloo, sabré par les ayatollahs de l’orthodoxie budgétaire : on peut donner 3,2 milliards de cadeaux fiscaux en supprimant l’ISF des plus riches; pour les habitants des quartiers populaires on propose une « méthode ».
 
 
Expérimentons les solutions de demain
Nous proposons, nous une alternative au mépris. Partout, dans nos comités, plus généralement dans nos quartiers, nos immeubles, dans les associations que nous fréquentons, nous imaginons, et mieux nous expérimentons, les solutions de demain, loin des visions théoriques décalées. Nous les rendrons publiques à l’issue d’un travail collectif, parce que la meilleure méthode selon nous s’appelle “la démocratie”. Et dans nos actions et réflexions, nous gardons toujours une question à l’esprit : quid de l’humain ? Dans les quartiers où le pouvoir vertical n’a fait ces dernières décennies que de la pierre, qui se préoccupe des humains ? Agiter le spectre sécuritaire c’est une chose, proposer une police de lutte contre les discriminations, un récépissé de contrôle d’identité, s’attaquer aux trafics en légalisant le cannabis comme aux Etats-Unis, c’est autre chose, c’est penser à l’échelle humaine.
 
La “success story” contre la promesse d’égalité républicaine
Il faut aussi assumer un objectif clair : l’égalité réelle entre les citoyens. L’égalité, cette grande absente du discours d’Emmanuel Macron. Les mots ne trompent pas : son cocktail élyséen s’intitulait “La France, une chance pour chacun”. Emmanuel Macron, dans ses préjugés, croit séduire - et sûrement diviser - les habitants des banlieues en substituant la “success story” à l’américaine à la promesse d’égalité républicaine. Quelle erreur, quelle faute !
 
Emmanuel Macron, dans ses préjugés, croit séduire
- et sûrement diviser - les habitants des banlieues
 
Il nous faudra, nous, réaffirmer, que l’émancipation est individuelle mais qu’elle est aussi collective. Ne pas accepter la guerre de tous contre tous, comme lorsque les lycéens des quartiers ségrégués doivent guetter sur Parcoursup le ruissellement des places délaissées par les lycées privilégiés. Il faudra demander l’égalité ou rien. Parce que sans l’égalité, nous le voyons chaque jour, c’est le nihilisme qui s’imposera.

 

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